Forest VS City
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« All dreams end when the dreamer awakes » - Curse

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Petit Nouveau

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Messages : 17
Date d'inscription : 30/07/2015


MessageSujet: « All dreams end when the dreamer awakes » - Curse Jeu 30 Juil - 14:26




Curse

« Le chat n’est que le nom d’un animal qui ne peut accéder au bonheur sans sacrifice. »


Qui suis-je ?
Noms :
Kibou [Kibō] - Curse
Rang :
//
Âge
Quatorze lunes.
Clan :
Solitaire.
Sexe :
Femelle.
Origines :
Inconnues, mais considérées comme de la Horde.
Famille :
Finn - frère : décédé (†)


Physique

Elle n’est pas robuste. C’est la première chose qu’on peut dire d’elle en la voyant. Elle n’a pas spécialement le muscles, elle n’a pas des griffes ni des crocs aiguisés. Non, elle n’est pas taillée pour le combat. De toute façon, elle est bien trop douce pour ça.

On peut remarquer un pelage assez court, voire peut-être mi-long d’une blancheur éclatante, toujours bien entretenu. Rien ne brise cette harmonie au niveau de cette couleur si pure et innocente, jusqu’à ce qu’on remonte au côté gauche de son visage. Là, sur ses joues, avec la croissance, d’étranges taches noires ont fait leur apparition de façon assez anarchique, brisant toute la beauté et l’harmonie des couleurs de Curse. Et pour ajouter à ce tableau raté, ses oreilles sont également noires, mais cela brise beaucoup moins son charme.

De même, de ce même côté gauche, son œil est plus foncé que l’autre. Tandis qu’un magnifique reflet bleu azur danse dans l’iris droit, le gauche, lui, est beaucoup plus sombre rappelant la nuit tombante. Un mystérieux hasard ou bien la preuve que la femelle a été maudite, ça, elle ne le sait pas, ça, personne ne le sait, mais toujours est-il que toute la beauté de son visage est ruinée par cette simple irrégularité. C’est bien dommage, elle qui aurait pu être une magnifique colombe, se retrouve à se transformer peu à peu en corbeau.

Elle est fine, et légère, possédant une agilité et une vitesse correctes, lui permettant d’effectuer des actions que d’autres chats plus patauds ne pourraient pas faire. Une longue queue touffue d’une blancheur étincelante lui sert de balancier pour lui conférer un excellent sens de l’équilibre, par ailleurs. Elle possède aussi des sens développés, que ça aille de l’ouïe à l’odorat, en passant par la vue. Cela lui est bien pratique pour chasser ou pour fuir d’éventuels agresseurs.

Parce que de toute façon, si elle décidait de se faire guerrière, non seulement elle serait folle et idiote, mais elle se ferait battre à coup sûr, à moins qu’elle ne joue sur l’effet de surprise. Et encore, tout dépend de son adversaire…

Curse est jolie, mais son charme est brisé par la moitié gauche de son visage, beaucoup plus foncée, rongée par des taches noires anarchiques et un œil plus foncé qui semble défier sa logique.

Pour elle, il ne lui en faut pas plus pour croire qu’elle est belle et bien maudite.



Caractère
★ Qualités : Calme || Réfléchie || Intelligente || Ouverte || A l’écoute || Facile || Peu dérangeante
★ Défauts : Peu bavarde || Se sous-estime || Lâche || Naïve || Têtue || Insensible || Incapable d’aller de l’avant || Introvertie || Rêveuse || Solitaire

Elle est calme. Elle ne parle pas. Pour dire quoi ? Elle ne sait pas. De toute façon, elle ne veut pas parler. Cela ne sert à rien. Parfois, vous pouvez lui parler et soit vous rendre compte qu’elle n’aime pas ça, soit croire qu’elle se fout de vous, qu’elle est muette, et j’en passe. Mais elle ne parle pas. Elle n’a même plus la motivation pour ça. Enfin, il lui arrive d’ouvrir la gueule, mais c’est très rare, et cela se résume au strict minimum.

On ne dirait pas comme ça, mais elle est intelligente, elle sait réfléchir. Elle passe son temps à penser, comme loin de tout. Vous pouvez vous confier à elle, elle n’en parlera à personne – vous l’aurez sans doute compris. De toute façon, vous pouvez lui révéler vos atroces secrets, ce sera à peine si elle semblera vous écouter. Elle vous entend, elle vous comprend mais ne vous juge pas, mais semble si loin de tout ce que vous lui dites. Elle est comme ça, Curse : elle écoute, sans rien dire, sans rien faire, et si vous avez seulement besoin de parler, elle est une excellente thérapie pour vous.

Elle semble comme invisible tant elle est discrète. Elle est comme une ombre, elle apparaît, disparaît, et personne ne se souvient jamais d’elle. Elle est solitaire, et a tendance à éviter de se lier, ou même de se mêler aux autres. De toute façon, elle ne parle pas, pourquoi aller vers les autres. Elle n’a ni le besoin, ni l’envie de ce genre d’amitiés futiles.

Elle est pourtant du genre un peu enfantin et naïf. Qui sait ? A force de promesses d’avenir, elle finira par vous croire, elle finit toujours pas vous croire. Pas forcément parce que c’est la vérité, ou parce qu’elle le veut, mais parce qu’elle souhaite seulement une lueur d’espoir pour la guider à travers l’anarchie qu’est sa vie. Elle ne sait plus ce qu’elle doit faire. Et une fois qu’elle croit en quelque chose, Curse devient particulièrement têtue. Elle restera intimement convaincue que c’est vraie, et se murera dans son explication, sans même écouter l’avis des autres. Mais elle reste ouverte, et si elle n’aime pas les débats, elle respecte l’avis de chacun et peut accepter qu’il soit différent du sien.

Elle a tendance à se dévaloriser. Elle ne vaut pas mieux qu’un assassin à ses yeux. Ce qu’elle a fait, elle ne se le pardonnera jamais. C’est trop dur pour elle, qui peine à maintenir sa tête hors de la rivière houleuse qu’est son passé. Non, elle elle se noie progressivement, renonçant à la salvatrice bouffée d’air qu’on pourrait ici qualifier de « présent ». Curse n’arrive pas à vivre au jour le jour, et reste bloquée dans ce qui fût.

On pourrait aussi la qualifier d’insensible. Elle peut vous entendre vous plaindre de vos fardeaux, de vos graves secrets, de vos malheurs, de votre misère, mais elle ne réagit pas, elle ne fait même pas semblant d’être triste. Elle peine déjà assez avec ses propres problèmes pour daigner s’intéresser aux vôtres. Mais elle reste assise, juste là, et vous écoute vous plaindre inlassablement. Elle ne peut plus faire que ça, désormais.

Curse croit. Elle croit qu’elle est maudite. Elle croit que toute cette douleur, cette culpabilité qu’elle ressent, toute sa vie n’est qu’une malédiction. Elle qui a toujours dû se battre contre la faim et le froid aux côtés de celui qu’elle aimait le plus s’est vue devoir combattre seule, à présent.

Et enfin, Curse est lâche. Un ennemi approche, elle s’en va, sans chercher à défendre ce qui lui appartient, car de toute façon rien ne lui appartient. Elle vagabonde, de lieu en lieu, fuyant dès que son calme habituel se trouble. Elle n’aime pas se battre, elle n’aime pas la violence, Curse. Donc Curse est lâche, elle préfère fuir comme une faible plutôt que de défendre ses propres intérêts. Elle ne veut plus rien de toute façon.





Histoire

« Regarde comme ils sont beaux, ces petits. Là, ce mâle fort fera une bonne recrue tu ne penses pas ? Et cette femelle, juste ici. Elle n’a pas l’air très robuste, mais avec un peu d’entraînement, on pourra sans doute en faire quelque chose, tu trouves pas ? »

Abandonnés sur les pavés froids de la ville, comme des jouets rejetés par des gosses, voilà ce qu’ils étaient, tous les trois. Blottis l’un contre l’autre, les deux chatons fixaient les deux adultes qui leur jetaient des œillades intéressées. Seuls face à la cruauté du monde, sortis d’ils ne savaient où, ils ne pouvaient qu’être témoins, impuissants, de ce qui allait leur arriver. Et, de leurs grands yeux, ils jetaient des regards presque suppliants aux deux gros félins. Leur demandaient-ils asile, ou les imploraient-ils d’en finir avant que la faim et le froid mordant ne le fassent ? A cette époque-là, personne n’aurait pu le dire, ni elle, ni lui, ni eux d’ailleurs.

Toujours est-il qu’ils décidèrent de les prendre sous leur aile, et pour l’heure, aucun des deux chatons ne savait si c’était plutôt une bonne ou une mauvaise chose. Mais en cet instant, ils voyaient seulement une lumière, s’ouvrant sur un avenir radieux où ils ne craindraient ni la faim, ni le froid, ni la peur.
Qu’ils voyaient de leurs grands yeux naïfs de chatons.

~~~


« Eh, Finn, tu fais quoi ?
                          - Tais-toi je me concentre. »

                          Le jeune fixait attentivement une boule de mousse sur le sol, comme si sa vie en dépendait. La petite femelle s’arrêta près de lui, perplexe. Qu’est-ce que son idiot de frère comptait encore faire ? Il avait toujours eu des idées tordues, celui-là, de toute façon. Alors, elle soupira. Décidément, il était trop bête, et elle se demandait qu’est-ce qu’elle avait bien pu faire pour avoir un matou aussi bizarre comme fraternel.

Soudain, Finn se raidit, sa fourrure grisâtre ne bougeant même plus au rythme régulier d’une respiration intense et concentrée. Et la petite comprit que son frère retenait son souffle. Puis, d’un geste d’une précision calculée, presque dansant, il envoya la mousse dans les airs, l’attrapa entre ses crocs, la fit valser entre ses pattes et la déchiqueta proprement entre ses griffes.

Ébahie, sa sœur ne put retenir un murmure admiratif.

« Comment t’as fait ça ?
- Je suis trop fort », se vanta le chaton.

Et la femelle au pelage immaculé ne put retenir un rire amusé, voire moqueur. Que son frère était bête, et vantard ! Ah, au fond il n’était qu’un petit maladroit, et loin d’être futé ! Heureusement qu’elle était là pour rattraper le coup quand il se foutait dans de sales draps et provoquait les membres de la Horde.

La Horde… Cela faisait trois lunes qu’ils y vivaient, et leur petite mémoire ne remontait pas assez loin pour se souvenir qu’ils y avaient été recueillis. Alors, pour eux, ils étaient des natifs de sang-pur, des braves, comme ils disaient, et ne comprenaient pas les regards hautains qu’on leur lançait dans ces moments-là, souvent ponctués de rictus méprisants et moqueurs.
Mais ils s’en fichaient, ils étaient ensemble, contre tout le mal du monde, et le ciel aurait bien pu leur tomber sur la tête, ils s’en moquaient bien.
C’était ainsi qu’ils voyaient les choses, de leurs yeux encore innocents de chatons.

~~~


« Eh, Kibou, dis-moi que je suis le plus fort.
- Va te faire gratter les puces ! Même une souris est plus forte que toi. »

Il était vrai que le chaton était bien maigre et chétif pour quelqu’un de son âge. Mais il restait toujours plus robuste que sa sœur immaculée…

« Pfff, tu dis ça parce que t’es jalouse, grommela le mâle. Avec un nom pareil, c’est pas étonnant.
- Moi, au moins, mon nom il veut dire quelque chose.
- Ah ouais ? Et il veut dire quoi alors ?
- Kibou ça veut dire espoir, idiot. C’est beau, tu vois. Finn c’est loin d’être aussi raffiné, et ça veut rien dire.
- Tu vas voir où je vais te la mettre, ta signification, quand j’t’aurais fait bouffer la poussière. »

Et il se jeta sur elle, et ils jouèrent comme deux gros gamins qu’ils étaient, loin des règles, loin de tout, là où il y avait seulement eux et eux seuls. Comme ils l’avaient toujours été.
Et bien sûr, Finn tint sa promesse, et sa sœur mangea sévèrement chaque grain de poussière présent sur le sol, si bien qu’il aurait presque pu en être dépourvu à présent.

~~~


« Eh, Kibou, les grands ont dit qu’on devait venir patrouiller avec eux aujourd’hui. Ils ont dit que c’était notre test final avant de savoir si on était prêts. Je m’étonne qu’ils aient conviés une nulle comme toi, d’ailleurs. Enfin bref, viens, faudrait pas décevoir maman, elle s’est démontée pour nous entraîner, ce serait con qu’elle nous en veuille parce qu’on sait pas reconnaître l’odeur d’un intrus. »

Elle acquiesça, parvenant difficilement à contenir son excitation naissante. Enfin, les choses sérieuses commençaient ! Finis les entraînements barbants de leur mère, place à la pratique, la vraie, celle qui fait battre le cœur plus que jamais.
Et c’est nonchalante qu’elle prit le chemin avec la fameuse patrouille, murée dans son innocence d’enfance.

« Y a des intrus juste là », siffla un gros mâle noir qui faisait partie de l’expédition.

Finn était étonnamment concentré. Sa sœur aussi, mais c’était beaucoup moins surprenant, elle arrivait mieux à garder son sérieux que son idiot de frère. Elle reporta son regard sur le couple de félins qui se baladait nonchalamment sur les pavés froid. Un chat roux et un chat brun. Ils semblaient assez jeunes, même si le brun était clairement plus vieux que l’autre – on lui donnait facilement une douzaine de lunes, tandis que l’autre paraissait en faire sept ou huit.

« Vous, les mioches, prenez le roux chétif. Nous, on va faire sa fête à l’autre. »

Kibou trépignait. Finn était dans un état semblable, mais parvenait étrangement à se contenir. Et la scène de la boule de mousse tourna dans l’esprit de sa sœur. Définitivement, ce félin était un spécimen comme on en voyait rarement, une véritable dynamite, qui n’attendait que son heure pour exploser dans les pattes de son ennemi.

Alors tous se séparèrent, afin de traquer l’ennemi. Par des stratégies finement élaborées, ils séparèrent les deux matous, afin que chacun s’occupe convenablement de sa tâche. Et ils commencèrent leur interminable traque, celle qui changerait à jamais l’image que se faisaient les deux chatons d’eux-mêmes, et celle qui les scinderait en deux entités clairement reconnaissables.

Finn sauta en premier sur le chaton roux, au moment où un craquement macabre retentissait de l’autre côté, suivi d’un gargouillis infâme. Kibou frissonna à cette sombre mélodie, mais finit par comprendre qu’ils venaient sans doute de mettre l’ennemi en fuite, et cela la conforta dans l’idée d’en finir avec le sien.

Finn, lui, tenait déjà le petit, une patte sur la gorge, menaçant. Sa sœur n’avait pas eu le temps de lever la griffe que tout était déjà fini. Décidément, son frère resterait toujours l’être le plus étrange qu’elle ait jamais connu. Et les deux autres membres de la patrouille choisirent cet instant pour débouler, le pelage entaché de sang. Et à cet instant, la femelle immaculée se demanda comment on pouvait être souillé d’autant de liquide rouge, et cela ne la rassura pas. Mais l’adversaire était parti, et il ne reviendrait pas de sitôt…

Un grognement presque admiratif échappa aux deux grands lorsqu’ils virent le chaton grisâtre tenir fermement le domestique, reconnaissable à la lanière de cuir rouge ornée d’un grelot qui enserrait son cou. Et un rictus tordit les babines du mâle noir.

« Tue-le, Finn, prouve-nous que tu es des nôtres. »

Kibou se raidit à cette mention. Le tuer, mais pourquoi ? Il n’avait rien fait de si terrible pourtant. Lui foutre une raclée et le laisser partir aurait été beaucoup plus juste, à son sens. Rien de tout ce qu’il avait pu faire ne justifiait sa mort immédiate et inconditionnelle. Elle jeta un regard anxieux à son frère, qui fixait son ennemi les yeux jetant un éclat presque concentré.
Un peu comme s’il s’agissait d’une boule de mousse.

Et d’un geste à la fois gracieux et répugnant, il égorgea le chaton à l’aide de ses crocs, et celui-ci, en tentant de se débattre et de supplier son agresseur de lui laisser la vie sauve, poussait d’étranges gargouillis mêlés au sang qui sortait de sa gueule et de son cou ouvert.

Et là, alors que le sang maculait la robe grise de son frère, Kibou comprit que sa vision du monde serait à jamais vidée de tout l’innocence d’un chaton.

~~~


« Finn, je t’en supplie, dis-moi que tu n’as pas aimé ça. »

Le concerné roula les yeux d’un air agacé, tandis qu’il nettoyait le sang qui maculait sa fourrure. Il était trop jeune pour être un tueur ! Trop idiot aussi ! Toutes les excuses étaient bonnes pour rassurer un tant soit peu la femelle sur le sort de son frère. C’est vrai, il était totalement débile, vantard, et possédait peu de véritables qualités propres à lui, mais c’était son frère, et pas un assassin !

« T’es lourde, fous-moi la paix, lâcha-t-il.
- Finn ! »

Le mâle s’éloignait déjà, tandis que des larmes coulaient des yeux azur de sa sœur. Comment en étaient arrivés là, eux, ces deux chatons, luttant seuls contre la mort ? Deux êtres unis qui avaient bravé la faim et le froid, les durs entraînements d’une mère infâme et la vie dans une collectivité inexistante. Comment eux, les anges, avaient-ils pu être déchus de façon aussi injuste ? Sa petite vie paisible ne devait pas s’arrêter là, elle ne voulait pas renoncer à tout ça.
Définitivement, Kibou avait perdu toute l’innocence dont un chaton était doté en naissant, et toute sa pureté lui avait été violemment arrachée en même temps que la vie de ce malheureux chat roux.

« Dis, Finn, tu les aime bien au fond.
- Je les trouve cool.
- Ce qu’ils font est amoral, tu le sais, ça ?
- Je sais », souffla-t-il.

Elle avait beau tenter de raisonner son idiot de frère, jamais il ne l’écoutait. L’absence de cerveau ne lui a jamais parue aussi lourde et désespérante qu’en cet instant. Et le corbeau s’envolait au loin, avec les autres terribles charognards, tandis que la colombe tâchée de sang restait perchée sur son arbre, seule, attendant l’air dépité son jugement pour tant d’infamie.

~~~


« Finn, s’il te plaît, dis-moi encore que c’est toi le plus fort, que mon nom ne veut rien dire et surtout que tu m’aimes, Finn.
- Tu sais bien que bientôt nous ne serons plus frères et sœurs. Tu sais bien que bientôt l’un de nous partira définitivement.
- Je sais, Finn, c’est pourquoi je veux t’entendre dire encore une fois que tu m’aimes, et que je suis la petite sœur la plus idiote et la plus nulle que tu aies jamais eu, mais que je suis l’unique, et que tu dois malgré tout faire avec. Finn, dis-moi que je suis irremplaçable.
- Mais tu es remplaçable, Kibou. Et de toute façon, je dois apprendre à renier ce que j’ai éprouvé pour toi. Maintenant, tu n’es plus ma sœur, Kibou, tu es juste une étrangère. »

La femelle sentit son cœur se déchirer comme si un millier d’épines s’y étaient logées afin de lui ôter la vie. Pourquoi tant de violence, tant de haine, tant de sang ? Elle avait toujours voulu affronter le monde seule avec son frère, peu lui importait tout le mal du monde.
Peut-être qu’en ce moment, elle aurait réellement aimé que le ciel leur tombe sur la tête à tous.

~~~


« Finn, ne fais pas de connerie, dis-moi que tu ne serais pas capable de me tuer.
- Il le faut pourtant. »

Ils étaient seuls dans une sorte d’arène improvisée, entourée de chats, leur interdisant la fuite. L’un d’entre eux devrait mourir, c’était la seule issue pour mettre fin à ce ballet mortel. La colombe devrait mourir ou se noircir les plumes pour voler avec les corbeaux.
Et au fond, elle n’arrivait pas à deviner ce qui était le plus injuste dans tout ça.

Finn fonça sur elle, tout remord envolé. Elle était une boule de mousse pour lui. Elle n’était plus un être de chair et de sang, elle n’était plus sa sœur. Non, juste une vulgaire boule de mousse qu’il comptait déchiqueter entre ses griffes.

Il avait l’expérience du meurtre, elle n’avait rien. Elle allait mourir, elle le savait. Au fond, cela ne l’effrayait même plus. Elle voulait seulement s’endormir encore, redevenir enfant, rêver avec son frère, l’insulter d’idiot, et se battre pour s’amuser avec lui. Juste rêver encore un peu, juste un tout petit peu encore…

Elle roula instinctivement sur le côté, et esquiva un puissant coup de griffes. Comment faisait-elle ça ? Pourquoi faisait-elle ça ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus, et elle ne voulait pas savoir de toute façon. Elle se contentait d’obéir à son instinct primitif de façon aveugle. C’était tout ce qui lui restait désormais.

Elle esquivait machinalement les coups, sans chercher à comprendre pourquoi ni comment elle faisait tout ça. Seul un mot subsistait dans son esprit vidé de toute innocence, vidé d’amour comme de haine, vidé de tout. « Survivre ».

Il parvint à lui porter un coup de patte habile et elle roula sur le sol, et il bondit sur elle, lui lacérant le ventre de ses puissantes pattes. Elle se débattit comme un démon, un démon dans le corps d’une colombe. Une colombe devenant corbeau.

D’un puissant coup de patte dans l’abdomen, elle se dégagea, les yeux réduits à deux fentes, le souffle court. Survivre, juste survivre, survivre sans se soucier du reste, sans se soucier des dégâts.

Elle lui bondit dessus, à sa grande surprise, et Finn lâcha un couinement lorsque les crocs de sa sœur se fermèrent sur sa gorge. Elle le serrait de plus en plus fort, et il lui donna un puissant coup de tête qui la dégagea plus loin. Mais elle avait arraché une grosse quantité de peau et de poils au passage, et bien qu’il soit encore en vie, Finn était proprement égorgé.
Et là, il comprit qu’un corbeau s’envolait. Et que son heure était venue.

Pourquoi tant de traîtrise ? Pourquoi avait-elle fait ça ? Elle ne voulait pas tuer, mais n’hésitait pas à s’en prendre à lui. Il crachait du sang, ses yeux rougis par le liquide laissait transparaître des yeux ambrés aux pupilles réduites à deux fentes, vengeurs, menaçants, et haineux.

« Comment as-tu pu me faire ça à moi, Kibou ? »

Elle revint subitement à la réalité quand elle vit son pelage tâché de sang, et son frère se vidant de son fluide vital sur le sol par la gorge. Parfois, sa voix émettait des gargouillis infâmes, mais il parvenait encore à parler correctement.
Mais son sang se vidait beaucoup trop vite, et il peinait déjà se tenir debout.

« Finn, non, je…
- Tu attendais ça, sorcière, n’est-ce pas ? Toi, ose me dire que tu n’as pas aimé voir le sang couler à cet instant ! Toi qui a toujours fait ta sainte, dis-moi que tu n’as pas aimé me tuer ! En quoi vaux-tu mieux que moi, hein ?
- Finn, je ne l’ai pas voulu, je… Finn…
- Je te maudis, Kibou ! Je te maudis pour avoir fait couler mon sang ! Oui, je te hanterai dans tes rêves, et tu verras mon sang couler. Chaque goutte d’eau que tu boiras, ce sera mon sang, chaque proie que tu dévoreras, ce sera ma chair ! Je serais partout, Kibou, je serais partout pour hanter tes nuits et gâcher ta vie ! »

Et il s’écroula, tandis que des larmes coulaient sur les joues de sa sœur. Des éclats de rire insensibles parvinrent de la foule, tandis que le gros mâle noir qui était là le jour où Finn avait tué le chat roux s’avançait.

« Bienvenue parmi nous, Kibou. »

~~~


Elle avançait, l’air vide, comme perdue, la démarche tremblante et titubante. On l’aurait prise pour une pouilleuse. Elle ne valait pas mieux. Elle avait tué son frère, cela faisait d’elle un assassin.

Elle s’était éloignée du camp. Elle risquait gros. Elle risquait de mourir, elle aussi. Mais ce n’était pas grave. Avant qu’ils ne se rendent compte qu’elle avait déserté, elle serait déjà loin. Du moins elle espérait. Un sourire ironique étira ses babines. L’idée de mourir ne faisait même pas battre son cœur plus vite, et la laissait dans une indifférence totale. Après tout, c’était un juste châtiment, n’est-ce pas ? Un châtiment pour le chat maudit qu’elle était.

Et, comme par enchantement, soit par un curieux hasard tout de même survenu au mauvais moment, soit parce que Finn la hantait, en grandissant, son pelage sur son côté gauche se fonça pour former de petites taches noires rongeant son visage, de même que son œil, qui prit une teinte bleue plus foncée, semblable à une nuit sombre.

~~~


« Je m’appelle Kibou, je m’appelle Kibou… » répétait-elle inlassablement depuis quelques minutes déjà.

Cette phrase lui semblait à présent vide de sens, vide de tout. Comme elle, en fait. Il fallait qu’elle corrige tout ça. Elle n’aimait pas quand c’était insensé, elle n’aimait pas tout ce qui était idiot en général.

« Kibou, ça veut dire espoir, non ? Moi je n’espère pas. J'en ai marre d'espérer. L'espoir ne sert à rien. L'espoir n'était pas là quand j'ai tué mon frère. L'espoir ne vaut rien, je ne veux plus de ça. Moi, je suis maudite, je suis moi-même une malédiction. Je suis Curse. »

Curse. Malédiction. Un sourire ironique étira ses babines. Cela lui semblait moins idiot, et moins vide de sens. En fait, cela lui correspondait parfaitement : c’était laid, vil, et il n’y avait aucune poésie dans la prononciation de ce nom. Curse. Juste Curse.

Et elle qui avait toujours rêvé se souvint qu’elle était éveillée, et qu’au loin le vol de deux jolies colombes affrontant seules la faim et le froid semblait toucher à sa fin.

« Quels qu’ils soient, tous les rêves prennent fin lorsque le rêveur se réveille et prend conscience que le monde dans lequel il vit est pourri. »




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MessageSujet: Re: « All dreams end when the dreamer awakes » - Curse Jeu 30 Juil - 14:32

Bienvenue ♥
Je te valide, n'oublie pas d'aller te recenser.
Je vais laisser le temps au membre pour te souhaiter la bienvenue ^^



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MessageSujet: Re: « All dreams end when the dreamer awakes » - Curse Jeu 30 Juil - 15:00

Bienvenuue 8D
Tu me devance toujours pour validoche Power :c
Il nous faudra un lien, j'adore l'histoire ! ♥
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MessageSujet: Re: « All dreams end when the dreamer awakes » - Curse Jeu 30 Juil - 15:25

Bienvenue ma petite femme ! :)
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MessageSujet: Re: « All dreams end when the dreamer awakes » - Curse Jeu 30 Juil - 18:21

Bienvenue ♥
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MessageSujet: Re: « All dreams end when the dreamer awakes » - Curse Sam 1 Aoû - 2:05

Bienvenue ! Joli avatar ! c:
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MessageSujet: Re: « All dreams end when the dreamer awakes » - Curse

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